29 août 2009
Une odeur de gingembre
C'est Satsuki qui me l'avait conseillé et je l'ai dévoré avant de partir en vacances. Mais je voulais vraiment vous en parler !
C'est sous la forme d'un journal et des lettres qu'elle écrit à sa mère ou à ses amies que l'on découvre Mary McKenzie. Jeune écossaise, elle s'embarque en 1903 sur un bateau qui l'emmène à Pékin, où elle retrouve Richard Collinsgsworth, un attaché militaire britannique qu'elle doit épouser.
Malgré le confort offert par son nouveau statut et la naissance de sa fille, la jeune femme n'est pas très heureuse, d'autant plus qu'elle a une ouverture d'esprit incroyable et cultive un certain féminisme (qui ne fera ensuite que s'épanouir) alors qu'on lui demande de rester à sa place, un peu étroite pour elle.
Après une aventure avec un officier japonais, Richard la met dehors et elle fuit au Japon. Etrangère et sans argent, elle doit alors se débrouiller seule...
Ce personnage et son histoire m'ont fascinée : intelligence, finesse, sensibilité et modernité, et un style vraiment beau, tout en nuances et riche. Mary est un exemple qu'on a envie de suivre quand on est un peu découragé... Et en plus, ce livre est impreigné de cette culture japonaise que j'aime temps, entre conventions et contemplation poétique. Un vrai bonheur !
24 août 2009
Rions un peu
Comme c'est lundi, je me suis dit qu'une petite lecture-détente serait la bienvenue.
Depuis toute petite, je suis accro aux Peanuts. Dans mon premier lit de grande (sans barreaux, donc), j'avais une couette Snoopy, dont j'ai dû me séparer quand je suis passée au lit 2 places, ce qui donne pas moins de 15 ans de nuits communes (donc plus de 5000 nuits et siestes, et plus de 40000 heures de sommeil !). Je l'ai usée jusqu'à la corde tellement je l'adorait...
Je suis donc devenue super fan de tous ces enfants adultisés et névrosés de Schulz : Charlie Brown avec son pull bizarre, gaffeur, inquiet et plein d'espoir malgré un certain pessimisme (et qui me rappelle étrangement l'Homme), Violette et ses sablés au sable, Patty qui se prend déjà pour une épouse et une mère modèle, Linus qui suce encore son pouce et trimballe son doudou partout, Schroeder le virtuose du mini piano et fan de Beethoven, Lucy l'autoritaire (depuis toute petite) qui joue parfois à la psychiatre... et Snoopy, qui entend un bruit de papier de bonbon à des kilomètres et boude souvent.
Depuis que je les relis adulte, je me demande comment je comprenais ces petites histoires quand j'étais petite. Disons qu'il a plusieurs niveaux de lecture...
En tout cas, c'est toujours aussi drôle ! Je ricane toute seule dans le métro...
Bonne semaine !
21 juillet 2009
Transat
Dernière lecture BDesque vraiment bien : Transat, d'Aude Picault. C'est celle qui se cache derrière Green qui m'a donné envie, ici.
L'histoire d'une parisienne graphiste qui part toute seule sur une île, puis qui décide de faire une transat, c'est-à-dire de traverser l'Atlantique, sur un voilier. Elle raconte, en dessins et en mots, avec justesse et humour, ce qui lui trotte dans la tête avant de partir, ses rencontres, sa vision d'un quotidien où on étouffe un peu, parfois.
En même temps je résume très mal, ce livre est beaucoup plus que juste ça !
Mais c'est exactement-pile-poil ce dont j'avais besoin : une histoire, légère, mais qui dit des choses pas trop con non plus, et qui laisse dans un drôle d'état, difficile à décrire (pour moi, ça ressemble à l'effet de la littérature japonaise ou d'un film de Sofia Coppola, mais ça reste très personnel !)
En plus des dessins vraiment beaux, il y a plein de phrases qui ont résonné/ raisonné en moi : par exemple, sur le mythe du voyageur, que ceux qui ne partent pas regardent avec envie : "fait-on les choses pour le regard que nous portent les autres, ou par réelle motivation intérieure ?", ou bien une jolie discussion sur le fait de devenir adulte...
J'ai déjà hâte de l'oublier un peu pour le relire...
12 juillet 2009
Prenez soin de vous, la suite
Je ne pensais pas qu'il y aurait une suite à cette histoire et à cette expo de Sophie Calle à la BNF (jusqu'au 15 juin 2008).
Charlotte et moi y avions passé un très bon moment... (tu te souviens ??)
Il y a quelques minutes, alors que je décortiquais le Libé du week-end, je suis tombée sur le journal de la semaine d'Atiq Rahimi (un super écrivain d'ailleurs, Afghan et réfugié politique vivant en France), qui y raconte ses quelques jours passés à un festival international de littérature à Paraty, au Brésil.
L'écrivain écrit dans son coin quand vient le rejoindre Grégoire Bouillier (dont j'avais adoré Rapport sur moi et L'invité mystère), qui participe également aux débats. Il lui avoue son appréhension à l'idée de revoir Sophie Calle, et de débattre en public avec elle alors qu'ils n'ont pas eu de contacts depuis Prenez soin de vous. Et là, je réalise que "G..." n'est autre que Grégoire Bouillier, l'auteur de la fameuse lettre de rupture.
Ils ont même écrit ensemble un questionnaire publié dans les Inrocks (n°416, novembre 2003).
Le mystère est résolu. Je suis sous le choc... Vous le saviez, vous ?
04 juillet 2009
Zakuro
Je l'ai lu pendant mes quelques jours dans le sud, et j'ai découvert qu'il est la suite, en quelque sorte, de Mitsuba. Disons plutôt qu'il s'inscrit dans un nouveau cycle romanesque, dont le premier volet est Mitsuba, et que ce cycle-là est aussi bien parti que le précédent (Le poids des secrets).
C'est l'histoire d'un homme qui s'occupe de sa mère malade, laquelle ne cesse d'espérer que son mari reviendra un jour de captivité en Sibérie, alors qu'il est déclaré mort. Et pourtant, il semblerait que cette femme ne soit pas si loin de la vérité...
Encore une belle histoire, mêlée à l'Histoire, avec un grand H, du Japon.
J'aime beaucoup découvrir ce point de vue dont on ne parle jamais dans les livres d'histoire, celui de ceux qui ont reçu la bombe atomique, et qui doivent vivre eux aussi avec un lourd passé.
27 juin 2009
On dirait le sud, le temps dure longtemps
Demain matin très tôt, je rejoins l'Homme dans le sud, près de Perpignan, pour quelques jours ; ce sera un peu comme des mini vacances.
Pour le vol, je me suis imprimé ça, j'adore l'idée d'un yoga à pratiquer dans le ciel. Mais je prends tellement rarement l'avion que je risque de passer plutôt tout mon temps à regarder par le hublot...
Là bas, on va pouvoir se baigner, aller au marché et acheter plein de fruits et légumes, se reposer, et profiter des amis qui nous accueillent. On ira aussi à une fête de l'école catalane !
Comme d'habitude, je vais avoir peur de la chaleur dès la descente de l'avion (je suis plutôt une fille du pôle nord, moi...) et je refuserai de sortir sans tout mon attirail : crème super protectrice, chapeau, lunettes, parasol pour la plage et beaucoup d'eau.
Et puis j'aurai quelques pensées pour Tryphon, resté tout seul ici, avec 1 tonne de croquettes et 2 saladiers plein d'eau (on ne sait jamais, lui aussi pourrait être victime de déshydration...)
Petite anecdote marrante, avant de vous souhaiter un bon week end : je reviens de la bibliothèque où je suis allée rendre mes livres et en emprunter d'autres, et j'ai pris les 3 derniers tomes du Poids des secrets de Aki Shimazaki (Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru), et puis j'ai voulu aussi prendre Zakuro, pour clore mon "cycle" Shimazakien (c'est son dernier paru). Mais il n'était pas dispo, et alors que je faisais ma réservation, la personne qui l'avait emprunté (et qui aurait dû rendre le livre depuis quelques jours déjà) est arrivée avec ! (et avec Mitsuba dont je vous ai parlé ici il y a peu).
Bref, c'était un heureux hasard de croiser cette autre lectrice, visiblement aussi enchantée que moi par cet auteure dont l'univers repose sur les secrets, les tabous, les rencontres qui ont du sens, justement... J'ai pris ça comme un joli clin d'oeil !
10 juin 2009
Mitsuba
Une jolie découverte à la bibliothèque...
Un livre sur une histoire d'amour, dans une société japonaise où les contraintes du monde du travail et les héritages familiaux sont lourds à porter pour ceux qui s'aiment.
Pour la petite histoire, Mitsuba signifie "trèfle", qui est un symbole de promesse au Japon. Le mot prend d'ailleurs tout son sens dans ce livre.
Je m'en vais de ce pas essayer de trouver quelques autres des merveilles de cette auteure, notamment le cycle de 5 romans autour des secrets de famille : Le poids des secrets. Il paraît que c'est super bien !
04 mars 2009
Hiver arctique
J'étais d'autant plus contente de retrouver Erlendur et sa noire Islande que le titre de ce dernier opus collait pafaitement avec cet hiver un peu long. Parce qu'on a beau être loin des pôles, le froid est toujours là, la pluie s'invite trop souvent, le vent souffle... que de bonnes raisons de rester au chaud et de bouquiner en attendant que ça passe.
Sauf que là, non, j'ai eu du mal à arriver au bout de celui-là. Le meurtre d'un enfant, c'est déjà pas facile, mais quand en plus on baigne dans une atmosphère de froid, de racisme, de dépression, d'ennui, c'est déprimant tellement c'est réaliste, et puis j'ai trouvé l'enquête elle-aussi trop simple, pas passionnante. Je passe à Miss pas touche !!!
08 novembre 2008
Midinette !
Depuis quelques jours, j'ai 17 ans et je m'appelle Bella.
Je suis hyper amoureuse d'Edward, mais c'est carrément compliqué entre nous...
J'ai acheté le premier tome de la saga Twilight, de Stephenie Meyer, par curiosité, pour voir si mon petit coeur allait encore battre comme celui d'une ado, mais sans trop y croire. C'est pas très bien écrit, au début j'ai vraiment eu du mal.
Et puis pffffft, j'ai perdu 10, 15 ans d'un coup, happée par cette histoire d'amour. L'Homme essaye depuis de me ramener dans l'âge adulte, en vain.
Je lis frénétiquement les pages des tomes suivants dès que j'ai 2 minutes, je me demande toute la journée comment tout ça va finir, je suis à deux doigts de bouquiner sous la couette avec une lampe de poche tellement c'est dur d'éteindre la lumière et de refermer le livre. Bref, ce truc me rend dingue et je suis toute émoustillée dès qu'apparaît Edward. Pathétique... mais tellement agréable de réaliser que la fiction a ce pouvoir là !
Et puis le film sort en salle le 21 novembre ! (la bande annonce est géniale d'ailleurs...).
J'ai donc de quoi passer le week end en toute quiétude... profitez bien aussi !
27 juillet 2008
Troublante lecture du dimanche
Fin d'après midi. Train de nuit pour Lisbonne, de Pascal Mercier.
J'ai commencé ce livre hier soir, et j'ai senti qu'il entrerait dans le panthéon des livres qui marquent plus que les autres et qu'on associe sans hésitation à un lieu, une époque de l'année, un moment de sa vie, même 10 ans après leur lecture.
L'histoire d'un homme qui ose fuir sa vie...
"S'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une petite partie de ce qui est en nous - qu'advient-il du reste ?" ; à la lecture de ces mots et après une troublante rencontre, Raimund Gregorius laisse derrière lui son monde de livres poussiéreux et de langues anciennes. Il monte dans un train et se laisse emporter vers Lisbonne, goûtant à une nouvelle vie, faite d'imprévus, de rencontres, de découvertes, de réconciliation avec soi.
Aux côtés de ce drôle de héros, tout devient possible...